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Mis en ligne le dimanche 19 novembre 2006
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![]() Le Français Manuel Boileau a entrepris en mai 2005 un tour du monde à bord d'une Citroën familiale aménagée en camping-car. |
L'aventurier globe-trotter et sa déesse
La Presse
Collaboration spéciale
Le 28 mai 2005, un jeune français de 35 ans, Manuel
Boileau, quittait la ville de Nancy, dans le nord-est de la France,
pour un étonnant tour du monde en Citroën DS. Avec sa familiale
aménagée en camping-car, ce passionné de mécanique et de Citroën a déjà
parcouru plus de 28 000 km. La Presse l'a rencontré à Montréal.
«Il
y a huit ans, j'ai travaillé au Chili pendant deux ans. Comme je
n'avais pas de visa de travail, je devais retourner en Argentine tous
les trois mois et revenir avec un visa de tourisme. Tous les
trimestres, je traversais la Cordillère des Andes en bus. C'est à ce
moment que je me suis dit que je devrais le faire un jour en voiture»,
explique Manuel Boileau.
Lorsqu'il quitte le Chili pour
retourner en France, le jeune designer graphique est toujours habité
par ce qu'il appelle «son vieux rêve de nomadisme». Pendant deux
années, il prépare son projet de tour du monde en DS avec l'aide de
quelques amis. Le petit groupe crée une association, Lunaya, avec
l'intention de donner un sens à ce tour du monde.
«Il y a d'une
part un volet culturel avec des vidéos que je réalise et qui sont
projetées régulièrement à la FNAC de Nancy (ndlr: une grande chaîne
française de librairies et de magasins d'électronique), et d'autre part
un volet humanitaire, en partenariat avec l'UNICEF». Sur les
recommandations de cet organisme, Manuel Boileau interroge et filme les
enfants du monde. L'ensemble devrait faire l'objet d'un CD-ROM
pédagogique. Son aventure est régulièrement mise à jour sur le site
Internet de l'association.
Manuel a commencé son voyage il y a
près d'un an et demi par une traversée de l'Europe de l'Ouest, puis de
la Turquie, de l'Iran, de l'Inde et du Pakistan. Arrivé au Vietnam
l'été dernier, Manuel Boileau a alors mis sa voiture à bord d'un bateau
en partance pour Vancouver. Il a ensuite traversé le Canada jusqu'à
Montréal.
En repensant aux débuts de son périple, Manuel
dodeline de la tête: «Depuis la Turquie, j'ai oublié le code de la
route. Pour conduire dans certains pays, c'est la meilleure solution.
En Inde, où les gens conduisent à gauche, on rencontre toutes sortes
d'animaux sur la route, des vaches, des poules.»
La voiture de Louis de Funès
Le
designer est un redoutable mécanicien, passionné par les Citroën et
tout particulièrement par les DS. Il a donc acheté une ancienne
ambulance DS de 1971 (l'année de sa naissance) pour 2500 euros (3600$).
Quelques réparations et réaménagements ont été nécessaires (3000
euros). La partie ambulance a été conçue comme un espace de vie
fonctionnel avec un lit et des étagères. «J'adore la technologie de la
DS, son hydraulique et son confort de conduite. C'est une voiture
mythique qu'utilisait de Gaulle. Une fois qu'on maîtrise sa mécanique,
elle est relativement simple», explique Manuel Boileau.
Dans
tous les pays francophones, les habitants associent la DS blanche de
Manuel à la voiture de Louis de Funès. À Montréal, rue Saint-Denis, un
vieux monsieur lance: «Bizarre, on dirait un corbillard.» Les passants
s'arrêtent, intrigués par la voiture. Si le jeune bourlingueur
bénéficie du soutien de quelques associations et de passionnés de
Citroën partout dans le monde, il dort la plupart du temps dans son
automobile. Il a financé principalement son projet grâce à deux ans
d'économies. S'il n'a jamais connu d'accidents majeurs et a toujours
été accueilli chaleureusement partout où il est allé, le conducteur de
la Citroën a tout de même vécu quelques problèmes techniques. «J'ai
cassé ma cinquième vitesse entre Ottawa et Montréal. Grâce à
gentillesse et l'expertise d'un Québécois passionné de DS, la
réparation a été plus facile qu'une panne d'hydraulique que j'ai connue
au Pakistan. J'ai passé trois semaines dans une station-service perdue
au milieu de nulle part», se souvient Manuel.
Après Montréal, le
fou de DS se prépare à traverser les États-Unis, puis l'Amérique
centrale et du Sud, avant de terminer son voyage dans un an par le
Sénégal et l'Afrique du Nord. Si vous croisez Manuel, demandez-lui de
vous raconter le monde!
Pour en savoir plus: Lunaya, le site de Manuel Boileau: www.lunaya.fr
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